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Sous les couleurs belges  (Par André Dambly)

1947 Florennes, l'après guerre

Abandonnée, la plaine Juzaine (Florennes) devient la proie des pillards. Le Capitaine aviateur Genot arrive en mai 1946 à la tête d'une soixantaine d'hommes afin de mettre fin à cet état de fait. Ils vont s'attacher à assurer la garde et à remettre en état les installations vitales laissées en ruines par les Allemands, comme la "tour carrée" future tour de contrôle toujours utilisée de nos jours. Le Capitaine Genot a fort à faire avec le personnel mis sous son commandement.En effet, il est composé de soldats libérés des camps de prisonniers et provenant de toutes les armes. De plus, le recours aux inciviques de la prison de Dinant est générateur de problèmes additionnels. Mais progressivement la vie s'organise, l'encadrement et la discipline s'améliore.

Naissance d'une base belge

En 1947, alors que le 160ème Wing de Beauvechain ne dispose encore que d'une partie de sa dotation d'avions, la création d'un second Wing de Chasse est décidée. Ce sera le 161ème Wing de Chasse de jour de Florennes formé des 351ème et 352ème Escadrille. En juillet 1947, le Major Aviateur Lallemant "DFC and Bar" est désigné pour créer et commander cette nouvelle unité.Le Major Lallemant a eu une brillante carrière pendant la seconde guerre mondiale en tant que pilote de chasse au sein de la RAF. Elève pilote en 1940, il est transféré en Afrique du Nord après l'invasion du pays et parvient à rejoindre les belges d'Angleterre. Incorporé dans la RAF, il est affecté dès juillet 1941 au 609 Squadron de Biggin Hill et participe activement à de nombreuses opérations dont le raid sur la prison d'Amiens et le débarquement de Normandie. Après avoir été pilote d'essai en 1943 et commandant de Flight au 198 Squadron, il retrouve en août 1944 son cher 609 Squadron mais cette fois pour le commander. Abattu en feu lors de la bataille d'Arnhem, il est grièvement blessé. Après six mois d'hospitalisation, il retourne aux opérations et prend le commandement du 349 Belgian Squadron. Sa carrière de pilote de guerre est couronnée par l'attribution à deux prises de la prestigieuse DFC.

Sur l'aérodrome il ne reste que des ruines desquelles émerge toujours l'immense tour carrée que ni les bombes alliées nie les charges explosives des arrière-gardes allemandes n'ont pu abattre. Endommagées par les bombardements, les pistes restent marquées par de grandes taches noires d'asphalte brûlé tandis que les terrains avoisinants, défoncés par les explosions, cicatrisent mal. Des hangars allemands, il ne subsiste que les carcasses. Il en est de même des rares bâtiments destinés à devenir du logement, des ateliers et des bureaux. La tâche qui attend le premier militaire du 161ème Wing de Chasse de jour est énorme, mais, sous la direction de chefs dynamiques, le défi sera relevé. Durant le mois d'octobre, les premiers avions de la dotation, un Oxford, deux Harvard et les deux premiers Spitfire XIV se posent sur la piste. Cinq pilotes forment l'ossature des jeunes escadrilles. Ils se nomment Herman Smets, Albert Van Eeckhoudt, Eric Bouzin, Léon Branders et Willy Laloux. Ils viennent de Beauvechain et ont tous combattu pendant la guerre

1948  - Du 161ème Wing au 2ème Wing

Le 161ème Wing devient le 2ème Wing de Chasse de jour en février 1948.

La 351ème Escadrille prend le nom de 1ère Escadrille (emblème le chardon, code 3R) et la 352ème, le nom de 2ème (emblème la comète, code UR).

Le 15 janvier 1949, l'aéronautique militaire change à son tour de dénomination. Elle s'appelle, dès lors, Force Aérienne. Moment tragique: en avril 1948, le Wing déplore la perte de son premier pilote décédé en service aérien: le Sergent Dechief qui était arrivé à l'unité à peine un mois plus tôt. Au cours de cette même année, alors que les appareils sont livrés au compte-gouttes, les deux escadrilles s'étoffent notoirement en matériel et en pilotes.

De septembre 1947 au 6 janvier 1949, le 161ème Wing se compose de:

12 septembre 1947 : 1 Oxford (O-10);

01 octobre 1947      : 1 Oxford, 2 Harvard (H-7, H-21), 2 Spitfire (SG-7, SG-18);
05 janvier 1948        : 1 Oxford, 2 Harvard, 4 Spitfire (SG-7, 18, 24 et 25);

06 juin 1948             : 1 Oxford, 2 Harvard, 7 Spitfire (SG-7, 18, 24, 25, 26, 30, 36 et 37);

06 janvier 1949        : 1 Oxford (O-30), 2 Harvard (H-21), 1 Tiger Moth (T-16) et 17 Spitfire (SG25, 26, 30, 47, 48, 49, 50, 51, 53, 54, 59, 61, 63, 64, 69, 72, 75).

 

En janvier 1950, les tensions internationales décident les autorités belges à renforcer leur potentiel militaire et la 3ème Escadrille (emblème la feuille de houx, code YL) voit le jour. Elle est équipée de Spitfires provenant du 1er Wing de Beauvechain dont les escadrilles sont passées sur météor.  Mais les avions deviennent vieux et les exercices mettent de plus en plus en lumière les faiblesses de ces avions mythiques par rapport aux appareils plus modernes.

1951  - L'ère de l'aviation à réaction

La guerre de Corée et les tensions entre les deux blocs incitent les pays occidentaux à accélérer leurs programmes de modernisation des forces armées. Selon le principe qui veut que les nations les plus riches aident les moins bien nanties, le Congrès américain adopte le programme d'aide militaire aux membres de l'Alliance Atlantique connu sous le nom de Mutual Defense Assistance Program ou MDAP. Par ce programme, les Etats-Unis fournissent gratuitement (en prêt) les avions, à charge pour les nations bénéficiaires de les utiliser, de les entretenir et de les restituer en bon état le moment venu. C'est dans ce cadre que la base de Florennes va recevoir en 1951 les premiers avions à réaction de fabrication américaine: les F-84E Thunderjet construits par la firme Republic.

Le 03 juin 1951, au cours d'une cérémonie officielle organisée à Melsbroek, le Major Lallemant, le Capitaine Bouzin et le Lieutenant Brosens prennent possession des premiers F-84E Thunderjet et les convoient vers Florennes.  Ces avions utilisés dans le rôle de chasseur-bombardier atteignent la vitesse de 1000 km/h.  Au total, 21 F-84E immatriculés de FS 1 à FS 21 sont livrés et équipent la 1ère, 2ème et 3ème Escadrilles de Florennes.

La conversion n'est pas aisée car cet appareil n'existe qu'en version monoplace.  Pour faciliter la transition du Spitfire vers le Jet, les pilotes effectuent  une  conversion   sur Meteor biplace pour s'habituer au moteur à réaction avant de passer sur le Thunderjet.  Cette procédure est lourde et complexe.  La livraison de T-33 et la formation des pilotes aux USA vont résoudre le problème de la transition sur Jet.

En avril 1952, les F-84E sont remplacés par les F-84G plus performants.  Ils sont assemblés au Danemark et convoyés par des pilotes belges vers différents aérodromes du pays.  Au total, 212 F-84G voleront sous les couleurs belges.  Le 2ème Wing compte 3 escadrilles dotées de 25 avions chacune.

 

L'avion est moderne mais les installations sont très vétustes, beaucoup datent encore de la période allemande et portent toujours au murs, outre les meurtrissures laissées par les éclats de bombes, mais aussi des instructions dans la langue des utilisateurs précédents.  De nouveaux hangars sont construits dans la zone de Juzaine et de Corenne pour installer plus confortablement les escadrilles de vol.  Un dispersal est accolé à chaque hangar.  La maintenance n'est pas en reste et quitte ses anciennes installations du taxi sud pour s'implanter dans un nouveau hangar érigé à l'emplacement de la ferme du Bois Doyen qui du être démoli.  Enfin, la grande piste est utilisable, ce qui améliore grandement la sécurité des vols.

1955  - Un Wing supersonique

La guerre de Corée montre clairement que le Thunderjet ne fait plus le poids face aux appareils du bloc soviétique.  En décembre 1954, Le F-84F Thunderstreak est présenté par l'USAF à Bentwaters aux responsables des membres de l'OTAN qui le choisissent immédiatement pour équiper les forces aériennes de l'Alliance.  C'est encore dans le cadre du MDAP (Mutual Defense Assistance Program) que la Force Aérienne belge reçoit ses F-84F.

Le 17 août 1955, les premiers F-84F du 2ème Wing destiné à la 3ème Escadrille se posent à Florennes pilotés par des aviateurs de l'USAF et le 30 août 1955, le Major Aviateur Branders et le Capitaine Aviateur Laloux sont les premiers pilotes belges à franchir le mur du son au-dessus du territoire national à la vertical de Florennes.  La Force Aérienne belge devient supersonique.

 

Le 03 juin 1951, au cours d'une cérémonie officielle organisée à Melsbroek, le Major Lallemant, le Capitaine Bouzin et le Lieutenant Brosens prennent possession des premiers F-84E Thunderjet et les convoient vers Florennes.  Ces avions utilisés dans le rôle de chasseur-bombardier atteignent la vitesse de 1000 km/h.  Au total, 21 F-84E immatriculés de FS 1 à FS 21 sont livrés et équipent la 1ère, 2ème et 3ème Escadrilles de Florennes.

La conversion n'est pas aisée car cet appareil n'existe qu'en version monoplace.  Pour faciliter la transition du Spitfire vers le Jet, les pilotes effectuent  une  conversion   sur Meteor biplace pour s'habituer au moteur à réaction avant de passer sur le Thunderjet.  Cette procédure est lourde et complexe.  La livraison de T-33 et la formation des pilotes aux USA vont résoudre le problème de la transition sur Jet.

En avril 1952, les F-84E sont remplacés par les F-84G plus performants.  Ils sont assemblés au Danemark et convoyés par des pilotes belges vers différents aérodromes du pays.  Au total, 212 F-84G voleront sous les couleurs belges.  Le 2ème Wing compte 3 escadrilles dotées de 25 avions chacune.
Malheureusement, en 1960, chaque Wing de la Force Aérienne doit, pour des raisons budgétaires, se séparer d'une escadrille.  en conséquence, la 3ème escadrille à la feuille de houx disparaît.

Les escadrilles de Florennes vont utiliser le F-84F pendant de nombreuses années.  Au fil des ans, il devient un avion de mûrissement sur lequel les pilotes acquièrent de l'expérience avant de passer sur les F-104G de Beauvechain ou de Kleine-Brogel.  Environ 350 pilotes belges prennent les commandes de cet avion mythique.  Quelques uns réalisent des démonstrations en vol et gagnent une réputation internationale, entre autres, le Capitaine Aviateur Moriamé, le Major Aviateur Marette et l'Adjudant-Chef Aviateur Dupont.

1970  - Arrivée du Mirage V

 

A la fin des années soixante, le véritable F-84 F commence à monter des signes de fatigue et les pièces de rechange se font rares. Après de nombreuses hésitations, les autorités gouvernementales belges choisissent son successeur : ce sera le Mirage V.

La SABCA de Gosselies assure la construction des 106 appareils qui se répartissent comme suit: 16 appareils d'instruction biplaces (code BD), 63 chasseurs-bombardiers (code BA) et 27 appareils de reconnaissance (code BR).

Mirage avec pot  fumigène.

Mirage avec pot  fumigène.

Un détachement de huit pilotes belges se rend en France sur les bases de Dijon et de Colmar pour effectuer leur conversion opérationnelle suivie d'une formation de moniteur.  Ces pilotes forment à leur retour la 8ème Escadrille chargée de la transformation des pilotes sur le nouvel appareil.

Le premier Mirage (BD01) se pose à Florennes le 29 juin 1970 avec, aux commandes, le Lieutenant-Colonel Barthelemy et le Lieutenant-Colonel Declerck. La 2ème Escadrille est la première à troquer ses vieux "F" contre les nouveaux appareils à ailes delta.

Le remplacement de la flotte provoque une réorganisation totale des unités de chasseurs-bombardiers.   Le 30  juin  1971, la 1ère Escadrille déménage vers

le 3ème Wing de Bierset en emportant ses vieux F-84 F Thunderstreak ainsi que quelques RF-84 F Thunderflash de la 42ème (emblème: Méphisto), laquelle fait mouvement vers Florennes pour réceptionner, dès septembre, ses premiers Mirage V BR. En décembre, sa mission terminée, la 8ème Escadrille rejoint à son tour la 1ère sur le site liégeois. Le 2ème Wing de Chasseurs-Bombardiers rebaptisé entre-temps 2ème Wing Tactique, continue donc d'opérer avec la 2ème Escadrille de Chasseurs-Bombardiers et la 42ème Escadrille de reconnaissance.

Les 8ème et 42ème Escadrille disparaissent respectivement en 1991 et 1993.  Les Mirages sont maintenus dans les 1ère et 2ème Escadrilles jusqu'au passage sur F-16 fin des années 80.

1984  - Implantation du 485 Tactical Missile USAF Wing

Suite au déploiement par l'URSS de missiles mobiles SS-20 pouvant atteindre des objectifs à 5.000 km de distance menaçant ainsi l'Europe occidentale, les ministres de la défense des pays membres de l'OTAN prennent la décision d'implanter des missiles de croisière à capacité nucléaire sur le territoire européen.

Le 15 mars 1984, le 485th Tactical Missile Wing de l'USAF s'installe sur la base en métamorphosant totalement le paysage de cette dernière. Une partie de la plaine subit un déboisement total afin de laisser place à une toute nouvelle infrastructure.

Cette implantation provoqua à l'époque de nombreuses manifestations de la part de mouvements pacifistes divers.

Simultanément, des négociations s'engagent avec l'URSS en vue d'obtenir une limitation, voire l'élimination des engins dont la portée est comprises entre 1.000 et 5.500 km. Cette décision de l'OTAN de rééquilibrer sa force de dissuasion face à la nouvelle menace pesant sur l'Europe a été cruciale dans l'évolution future des rapports est-ouest.

Les négociations aboutissent le 8 décembre 1987.

Le traité prévoit la suppression complète des missiles soit environ 85 pour les USA et 1.846 pour l'URSS. Cette décision est assortie de mesures de vérification complexes.

En conséquence, le 485th Tactical Missile Wing est dissout le 28 février 1989. La Force Aérienne récupère une partie des bâtiments libérés.

1988  à  2... l'ère du F-16 à Florennes

En 1975, le gouvernement belge conclut une commande de cent seize avions américains de type F-16. Cet appareil à la pointe de technologie prend, à partir de 1979, la relève des F-104G équipant les 1er Wing de Chasse de Beauvechain et 10ème Wing Tactique de Kleine-Brogel. Quelques années plus tard, le remplacement des Mirages est également envisagé. Cependant, pour des raisons évidentes de budget, seul le 2ème Wing Tactique fera l'objet de cette modernisation. Les autorités ordonnent alors la production d'une tranche supplémentaire de quarante-quatre F-16.

En juin 1987, les pilotes de la 2ème Escadrille débutent leur conversion à l'OCU (Operational Conversion Unit) de Beauvechain.

Le premier fighting Falcon de la dotation 2ème Wing Tactique se pose sur la piste le 14 octobre 1988 en provenance de Solenzara après une période de tir air-sol et air-air.

S'il semble que la 2ème Escadrille soit éternellement vouée à opérer au départ de Florennes, il n'en va pas de même pour la 42ème qui quitte le site le 29 novembre 1988, pour se réinstaller au 3ème Wing Tactique de Bierset. Le 15 mars 1989, le chardon revient occuper, à Florennes, les lieux libérés par Méphisto.

En 1996, arrivée de la 350ème Escadrille à Florennes. Les différents plans de restructuration des Forces Armées ont entraîné la fermeture des bases de Bierset, Brustem et Gossoncourt, ainsi que la répartition des moyen du 1er Wing de Chasse de Beauvechain entre les 2ème et 10ème Wings tactiques.

C'est ainsi que depuis le 4 mars 1996, le 2ème Wing compte à nouveau trois escadrilles, la 350ème Escadrille (emblème Ambiorix) ayant établi ses quartiers à Florennes.

C'est à ce moment que la mission QRA (Quick Reaction Alert), dans le cadre de laquelle deux avions armés sont prêt à décoller 24 heures sur 24 endéans un délai très court, a été reprise par les deux escadrilles de chasse de Florennes, la 2ème et la 350ème.

La 1ère Escadrille de Chasseurs-Bombardiers a récemment effectué une conversion dans un rôle additionnel, celui de reconnaissance aérienne (Recce), comblant ainsi un vide qui existait depuis le retrait d'emploi en 1994 des Mirages V BR de la 42ème Escadrille.

Une étape importante pour le 2ème Wing fut la conversion sur F-16 MLU (Mid Life Update), en 2000, qui permit aux trois escadrilles d'aborder le troisième millénaire avec un matériel modernisé et très performant.

2001 dissolution de la 2ème Escadrille. Les différents plans de restructuration des Forces Armées entraînent la dissolution de la 2ème Escadrille du 2WTac et de la 23ème Escadrille du 10WTac; Le personnel des deux escadrilles de chasse de Florennes, la 2ème et la 350ème , est désormais regroupé pour former la nouvelle 350ème Escadrille qui s'installe dans le dispersal de l'ex-2ème.

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